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    Mise en place d'un réseau de travail



   

  
  


Singulier et Prévention : Projet 2010

Note d’opportunité

L’association IFLF porte depuis 2004 un lieu d’écoute et d’accueil d'orientation psychanalytique à Goussainville soutenu par la Région Ile-de-France, Mission-Ville-Sécurité-Unité-Société et le Bailleur Social Coopération et Famille. Cette position l’a amené à constater l’importance d’accompagner à la fois les jeunes et les professionnels qui s’occupent des jeunes. Ce projet "Singulier et Prévention" élaboré avec plusieurs responsables de l’Education Nationale, en lien avec le dispositif des " classes-relais " a permis de mettre en place des conditions favorables à un travail en direction de collégiens et des équipes pédagogiques.

Dans la continuité de notre travail en direction de collégiens (bilan 2009)

Notre intervention, dans la mesure où les équipes des collèges partenaires soulignent qu’un certain nombre de problèmes ne relèvent pas de leurs compétences, permet d’élargir la force de l’intervention qui est préconisée dans les classes-relais, et de développer des projets spécifiques en fonction des besoins identifiés.

Pour permettre à notre travail de s'inscrire en cohérence avec les dispositifs existants, nous avons sollicité deux autres services de la Mairie qui ont été intéressés par la mise en réseau de nos compétences respectives. Ainsi, l’association IFLF est entrée dans le PRE, et une collaboration avec le Département Vie Sociale, Direction des Préventions, a permis à IFLF d’obtenir une permanence chaque semaine dans l’espace de Médiation de la Mairie afin de réaliser des entretiens à l’extérieur des collèges lorsque cela s’avère nécessaire y compris pour un public élargi.

Notre travail en 2009 s'est orienté en amont des classes-relais. Nous avons soutenu une orientation psychanalytique en direction de chaque élève en demande, inscrit dans l'un des quatre collèges en dispositif "classe-relais", lui permettant une approche de ses difficultés à partir de son savoir singulier, de son expérience personnelle.

En partenariat avec un des professeurs d’appui du RAR dans le collège Jean Lurçat, nous avons développé notre travail en collaboration avec une orthophoniste. Nous avions constaté en travaillant avec les équipes pédagogiques, que de nombreux élèves qui ont des troubles du langage parlé et/ou écrit (certains dyslexiques sont dysorthographiques et/ou dyscalculiques) étaient en attente d'un bilan en orthophonie. Notre partenariat a permis de porter une attention particulière sur ces jeunes, et les bilans, réalisés en urgence par l'orthophoniste inscrite dans notre projet, ont permis d'échanger avec les équipes pédagogiques. Dans la mesure du possible, il s’agit d'aider, d'accompagner les enseignants à adapter le travail demandé en fonction des difficultés des élèves. Cette action s'est avérée indispensable, et nous avons constaté deux types de retour de notre proposition :

- certains enseignants ne reconnaissent pas la dyslexie comme un handicap et ne sont pas prêt à adapter leur enseignement ;

- certains enseignants sont conscients des difficultés spécifiques des élèves dyslexiques et demandent de l'aide.

Certains enseignants professeurs de français et Professeur Principaux (PP) de classe de 6ème concernées par le problème (5 élèves confirmés "dyslexiques" dans une seule classe de 6ème) refusent pourtant le partenariat, ce qui permet d'envisager de remettre en articulation autrement à la rentrée prochaine la distribution des responsabilités des PP pour les classes de sixièmes.

Les enseignants partenaires sont accompagnés, et le professeur d'appui du RAR veillera à ce que les surveillants photocopient les cours d'un élève ayant des facilités d'écriture pour permettre aux élèves dyslexiques, incapables de se relire, d'apprendre leurs leçons. D'autre part, les énoncés des exercices sont retravaillés afin de les rendre plus clairs, plus accessibles. Dans certains cas, l’oral est privilégié, les consignes adaptées, les interrogations personnalisées ou réduites.

Faisant le constat que de nombreuses choses peuvent être améliorées pour nombre d'élèves en grande difficulté, nous allons travailler en articulation avec l'école primaire afin d'apporter une aide aux élèves détectés en primaire le plus rapidement possible.

Présentation de l’action

Contenu et déroulement

Intervention auprès d’élèves en classes-relais ou en difficulté d’apprentissages et de comportements (décrochage scolaire, démotivation, conflits avec l'institution, mutisme, absentéisme, dévalorisation de soi, violences agies ou subies, incivilités...), aux cotés des équipes éducatives enseignantes et médico-sociales, quelques soit le niveau de classe, afin de contribuer, en apportant une orientation psychanalytique à éclaircir les problèmes de l'élève en situation difficile.

Modalités d’intervention :

L’action est mise en place dans le Collège Chantereine de Sarcelles depuis 2006 dans le cadre des classes-relais en respectant des règles strictes de confidentialité.

Pour les élèves :

Il s’agit d’apporter une contribution aux élèves en difficulté en dédiant un espace au savoir de l’élève permettant d’une part :
– de mettre à disposition de l’élève un espace de neutralité, lui permettant de s’interroger sur son rapport à l’autre ;
- d’autre part, d’orienter le travail de l’équipe éducative en tenant compte de la parole de l’élève.

Pour les professionnels :

Les membres de l’équipe éducative peuvent compter sur des compétences ajoutées par l’orientation psychanalytique. Dans la mesure où nous identifions des besoins spécifiques, nous sollicitons notre réseau de professionnels pour y répondre dans le cadre fixé par le dispositif.

L'expérience de travail partagé, engagé dans cet établissement scolaire, a permis de trouver un partenariat avec l'équipe du Collège Lurçat, contribuant, en amont du dispositif Relais, au décryptage d'informations sur les élèves en difficulté susceptibles d'être orientés en classe-relais.

L’accompagnement des équipes pédagogiques du collège Lurçat a nécessité la présence d’une orthophoniste et d’une psychanalyste :

En partenariat avec le professeur d’appui du Réseau Ambition Réussite (RAR) du collège Lurçat et des enseignants qui avaient contribué l’année dernière à déchiffrer des situations difficiles d’élèves, nous avons soutenu la mise en place d'un dispositif d’accompagnement des équipes pédagogiques par une orthophoniste. Nous travaillons en complémentarité du Programme de Réussite Educative (PRE). Le PRE peut permettre de faire des bilans en orthophonie sur demande des enseignants et sur prescription du médecin scolaire, il ne propose pas l’accompagnement des enseignants par l’orthophoniste.

Il s’agit de proposer des aménagements du programme des enseignants en fonction des compétences des élèves dont les troubles du langage peuvent êtres améliorés par un soutien spécifique en partenariat avec les compétences de l’orthophoniste.

L’adaptation de certains cours ou exercices est essentielle, lorsque cela est possible, en fonction du profil de l’élève, au cas par cas ; cf. Bulletin officiel du Ministère de l’Education Nationale N° 6 février 2002, circulaire 2002-024*. « …maintenir un niveau d'exigences raisonné, suscitant chez l'élève la motivation nécessaire pour compenser les difficultés qui sont les siennes ». Ce texte s’appuie sur la demande du maître, et préconise le repérage à l’école maternelle, tout en soulignant la complexité du repérage : - *« En milieu scolaire, le repérage est rendu complexe par le fait que, dans une première approche, les manifestations de ces troubles, sauf dans les cas très sévères d'atteinte du langage oral, ne sont pas radicalement différentes de celles qui peuvent se présenter chez nombre d'élèves… »

Malgré le dispositif existant, il apparaît qu’un nombre important d’élèves présente au collège des troubles du langage écrit et/ou oral qui ne sont pas pris en charge, qui ne font pas l’objet d’une demande spécifique des enseignants. *« … la qualité du repérage, du dépistage et du diagnostic d'enfants porteurs d'un trouble spécifique du langage, constitue une étape essentielle et déterminante pour définir les meilleures conditions d'une prise en charge individualisée. »

Pour les élèves :

La constitution de notre groupe de travail au collège Lurçat a déjà permis de mettre en évidence l'importance de bilan en orthophonie pour des élèves ayant des difficultés. Des bilans ont été réalisés « en urgence », favorisant la lecture des problèmes des élèves repérés par les enseignants en privilégiant la relation Collège/ Famille, un des axes prioritaires du contrat de réussite.

Nous avons contribué à faire réaliser 7 bilans en orthophonie (5 pour les sixièmes et 2 en cinquième) dont 2 avec un suivi à l'extérieur.

7 élèves sur 7 ont un indice de dyslexie moyen ou sévère. 2 sont considérés par l'orthophoniste comme " dyslexie grave" et 4 nécessitent un suivi urgent.

Situation rencontrée qui montre par exemple l’importance des préconisations au cas par cas : L'un des cas urgent qui n'est pas considéré comme sévère a une dyslexie moyenne mais des troubles phonologiques majeurs. Il utilise par exemple l'oral pour compenser l'écrit car il n'a pas accès à l'écrit. Il peut apprendre des choses visuellement.

6 enseignants représentant 4 classes (3 sixièmes et 1 cinquième) ont demandé de l'aide pour adapter leur programme. Ils sont dans l'écoute et échangent des pistes de travail. Chacun de ces enseignants est en partenariat avec une équipe pédagogique élargie. Le bénéfice de ce travail concerne donc une trentaine de membres de l'équipe pédagogique du collège Jean Lurçat.

Il est prévu d’intervenir en 2010 auprès de plusieurs types d’acteurs :

- Les équipes éducatives des quatre Collèges en dispositif classe-relais : Chantereine, Jean Lurçat , Evariste Galois, Anatole France ;

- Les familles, pour leur présenter la démarche ;

- Les élèves, dans le respect de la confidentialité (accord de la famille, concertation avec l'équipe pédagogique) ;

- Les équipes éducatives des écoles primaires dans le cadre du passage en classe de sixième.

Déroulement à Sarcelles :

- Rencontres avec les équipes éducatives de la classe-relais ;

- Entretiens individuels avec les élèves de la classe-relais ;

- Elaboration en fonction des besoins en partenariat avec un des professeurs d’appui du RAR du collège Lurçat, bilans en orthophonie prévus le jeudi ;

- Participation à des réunions de régulation et groupes de travail en fonction de la spécificité de la classe-relais ;

- Publication d'informations à destination des professeurs partenaires.

Objectif général :

- Mettre en place un dispositif d'aide aux collégiens centré sur la parole de l'élève. L'écoute individualisée de l'élève, à partir de sa demande propose un travail différencié, attentif au savoir de l’élève, par l’orientation psychanalytique et permet de susciter un désir de savoir et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

- Trouver des interlocuteurs partenaires au sein des établissements scolaires afin d’inscrire le travail dans la durée avec une méthodologie tournée sur la complémentarité des savoir-faire. L’implication des équipes favorise une meilleure gestion du temps scolaire et une répartition des tâches concertées.

- Contribuer à faire cesser les comportements de violences et d'incivilités évitables. Apporter une compétence spécifique et complémentaire au champ médico-social par l'orientation psychanalytique et contribuer à former autour de l'élève en difficulté et de sa famille un réseau de partenaires.

- Créer des outils d'analyse spécifique en tenant compte de l'éthique de la psychanalyse.

Evaluation :

- Quel devenir pour les élèves en sortie de dispositif ?
- Quels besoins identifiés par les équipes enseignantes ?
- Comment avons-nous répondu à leurs attentes ?
- Combien d'interventions et d'entretiens auront été nécessaires ?
- Nombre de bilans en orthophonie ?
- Localisation des entretiens ?
- Situer un ensemble de propositions concrètes améliorant le fonctionnement des classes-relais.
- Publier un compte rendu de notre action tenant compte de la spécificité des collèges concernés.

Bilan 2009

Singulier et Prévention : Projet d'Accompagnement et de Soutien aux Elèves en Classes Relais ainsi qu'aux Equipes Enseignantes et Médico-Sociales.

Classe-relais de Chantereine :

- Rendez-vous le 10 mars avec l’équipe éducative.

- Mars : 12, 16, 19, 23 et 30 mars le lundi matin, entretien avec les élèves ou à partir d’une demande exprimée.

- Mars : 13, 20, 24 et 27 mars le vendredi après midi, réunions de concertation avec l'équipe éducative.

- Bilan le 31 mars.

Année scolaire dans le collège Lurçat (classe-relais) :

Réunions avec l'équipe éducative : - 10 réunions (10 mars, 31 mars, 1 octobre, 8 octobre, 5 novembre, 6 novembre, 26 novembre, 4 décembre, 7 décembre, 11 décembre).

- 7 bilans en orthophonie (5 et 12 novembre).

- 5 rencontres avec les professeurs (17 décembre).

Année scolaire dans le collège Anatole France (classe-relais) :

Réunions avec l'équipe éducative : 24 avril, 22 mai, 30 septembre, 6 novembre.

Entretiens avec les élèves : 4 entretiens entre avril et juin avec deux élèves au retour de la classe relais.

2 entretiens avec deux mères de familles en mai.

Association IFLF :

Réunions : chaque jeudi tout au long de l'année au siège social de l’association.

Public effectivement touché :

Le public initialement visé était composé de pré-ados, adolescents, jeunes, adultes des équipes éducatives, familles, pour un nombre de 50 personnes.

Le public effectivement touché fut des pré-ados, adolescents, Jeunes et adultes des équipes éducatives des collèges.

Classe-relais du collège Chantereine regroupant les quatre collèges en dispositif classe-relais (A. France, E. Galois, J. Lurçat) :

Aucun élève du collège E. Galois envoyé dans une classe relais de Chantereine.

Il devait y avoir 3 cessions sur 2009 : Une cession du 5 janvier au 7 février Une cession du 2 mars au 4 avril Une cession du 27 avril au 6 juin.

Il n’y a eu qu’une classe-relais entre janvier et décembre 2009 qui a duré du 2 mars au 31 mars, c’est-à-dire 4 semaines avec 3 élèves.

Elèves de la classe relais de Chantereine : 2 garçons entre 11 et 14 ans et 1 fille de 14 ans.

Equipe pédagogique de Chantereine (coordinatrice, éducatrice, professeurs, administration) : 10

Equipe pédagogique de Lurçat (coordinatrice, professeur référent du réseau RAR, professeurs) : 30

Elèves de Lurçat : 7

Familles : 2

Résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés

IFLF accompagne les équipes pédagogiques qui le souhaitent et soutient un espace de confidentialité dédié aux problèmes spécifiques des jeunes.

Pour les professionnels :

Nous avons élargi le partenariat à deux services de la Mairie :

Les membres du conseil consultatif du programme de réussite éducative et le comité de la Caisse des Ecoles, lors de la délibération du 31 mars 2009, ont validé le projet de partenariat avec IFLF, permettant d’apporter notre contribution aux projets engagés en direction des enfants et des jeunes en rupture avec le système scolaire. Nous pourrons donc contribuer à accélérer la prise en charge des bilans en orthophonie. Une convention a été signée le 18 novembre 2009 pour déterminer le cadre de notre partenariat.

Le Département Vie Sociale met à disposition de l'association IFLF une permanence dans l'espace de médiation de la Ville, afin de répondre aux demandes des jeunes collégiens désireux de poursuivre le travail engagé durant la classe-relais avec la psychanalyste de l'association IFLF.

Le Département Vie Sociale ayant entériné ce nouveau partenariat avec IFLF, nous répondrons à chacune de leur demande en fonction de nos possibilités. Ces nouvelles perspectives favoriseront le partenariat, y compris, avec des jeunes qui se retrouvent à la limite du système scolaire.

Pour les élèves :

- Nous avons réalisé des entretiens et écouté les demandes des élèves dans le collège Chantereine, permettant d'aider chaque jeune concerné à trouver un appui à sa réflexion dans la neutralité et la confidentialité. IFLF a contribué à l'éclaircissement de certaines situations. 2 élèves ont souhaité poursuivre les entretiens avec la psychanalyste après la classe-relais. N’ayant pas eu la possibilité de poursuivre les entretiens à Chantereine comme l’avaient demandé les parents, nous avons effectué les entretiens dans le collège d’origine et nous avons sollicité le Directeur des Préventions de Sarcelles afin de disposer d’une permanence dans l’espace de médiation de la Ville. Cela a été acté en fin d’année 2009 et démarre en 2010.

- Nous avons rencontré deux familles qui sollicitent IFLF pour permettre au travail engagé avec leur enfant de se poursuivre à l’extérieur, après la classe-relais.

Nous avons relevé une série de préoccupations : Nous appuyant sur notre participation à la classe-relais depuis plusieurs années et sur les difficultés rencontrées au retour par les élèves dans leur collège d'origine :

- De nombreux élèves vivent le retour avec difficulté ;
- Un élève exclu d'une classe-relais ;
- Un élève exclu du collège après la classe-relais ;
- Des demandes concrètes d'élèves au retour de la classe-relais refusées (changement de classe par exemple) ;
- Certains partent en SEGPA contre leur désir ;
- Certains retrouvent les mêmes problèmes et les mêmes conditions de travail d'avant le départ ;
- Les cours ne leur sont pas photocopiés pendant leur absence du collège d’origine liée à la classe-relais et certains se sentent perdus voire oubliés ;
- Les élèves admis en classe-relais présentant en majorité des problèmes comportementaux, ils sont souvent mal accueillis lorsqu'ils reviennent ;
- La classe-relais dure entre 4 et 5 semaines et dans certains cas, le manque de temps pour travailler en profondeur est vivement ressenti par l’équipe.

La concrétisation du partenariat avec le collège Lurçat nous a permis de mettre en place un outil tenant compte de ces constats. Nous avons donc privilégié le travail en amont des classes-relais. Nous appuyant sur ce partenariat, dans la continuité de notre travail de l'année précédente, nous avons contribué à optimiser les moyens du RAR dans son optique d’accompagner, d’élaborer, d’organiser et de tisser des liens au bénéfice des élèves en difficulté.

Grâce au travail réalisé l'année scolaire précédente, pour 11 élèves en difficulté, un accent a été mis sur la question d'un bilan en orthophonie urgent préconisé. Les élèves ont bénéficié d'une attention particulière mais seulement 3 sur 11 avaient effectivement un suivi en cours à la rentrée de septembre. Un élève n'a pas été pris en compte cette année par les enseignants et fera l'objet de notre attention en janvier. 2 avaient pourtant été demandés en CM2 et 6 en 6ème.

Pour les 7 autres élèves, aucun bilan effectué, malgré des demandes relancées, l'une d'elles avec les parents.
Une complémentarité de compétences qui facilite la réactivité : Nous avons choisi un angle de travail avec l'équipe pédagogique pour accélérer la prise en compte des difficultés de ces élèves.

Nous avons cherché à soutenir les élèves en difficulté en apportant un outil supplémentaire aux enseignants, leur permettant de mieux appréhender et de mieux reconnaître les difficultés rencontrées par certains élèves présentant des troubles du langage oral et/ou écrit.

Il ne s'agit pas de dispenser un savoir théorique aux enseignants sur les problèmes d'un élève mais de proposer des aménagements des cours, pour une meilleure adéquation entre les situations d'apprentissage et l'élève. La dyslexie n'exclut pas d'autres types de problèmes pour un élève, c'est cependant un problème spécifique repérable, qu'il est important de prendre en compte le plus tôt possible.

7 entretiens avec une orthophoniste ont été réalisés. La finalité de ces bilans concerne la prise en compte par les enseignants de la notion de handicap pour l'élève et l'accompagnement par l'orthophoniste, des enseignants concernés par le problème.

Nous montrons de façon massive que les problèmes de ces jeunes collégiens liés en partie à une dyslexie sont pris en compte très tard. Chacun d'entre eux a des compétences sur lesquelles nous devons nous appuyer pour avancer au cas par cas

Descriptif des problématiques rencontrées et des propositions :

Lors de notre réunion de bilan avec l’orthophoniste et le professeur d’appui du RAR de Lurçat.

7 élèves rencontrés, 7 élèves dyslexiques :

2 élèves sont considérés comme ayant une "dyslexie sévère" et les 5 autres une "dyslexie moyenne".

- Elève 1 en classe de 5ème.
Dyslexie et dysorthographie.
Elève complètement en dehors des apprentissages.
Il a décroché.
Il a des acquis : des accords, un stock lexical.
Il a une fatigabilité extrême et après avoir écrit 3 phrases, il ne peut pas être relu.

On se rend vite compte qu’au regard de ses productions écrites, les enseignants non avertis pourraient passer à coté de ses bonnes capacités à l’oral que l’orthophoniste qualifie de « surprenantes ».

Cet élève a des performances de mémoire de travail ou de mémorisation immédiate qui sont dans la normale d’un CM2. Il est en 5ème mais il y a des moyens. Peu d’erreurs de son. « Il ne comprend pas ce qu’il lit. Par ailleurs, il a décroché, il n’est pas dans l’écrit, pas dans la lecture. Il a démissionné, il a mis une carapace. »

Pour cet élève, en s‘appuyant sur l’oral, on peut l’aider. Partir de ce qu’il sait. En premier lieu, une prise en charge adaptée dans le collège est préconisée et ensuite, en dehors de l’établissement, un orthophoniste pour un suivi.
Mais on ne peut pas lui demander d’aller s’investir ailleurs alors qu’ici, rien ne l’accroche

- Elève 2 en classe de 5ème.
Cet élève présente un niveau de lecture de CP juin.
Il est qualifié de dyslexie sévère par l’orthophoniste.
Besoin urgent de suivi.
Gros échec, ne comprend rien en français.
Langage oral perturbé.
Retard de parole et de langage. Il inverse, confond les sons. Il n’a pas acquis le système des lettres. 40 % d’erreur dans la reconnaissance de certains sons. Lorsqu’il entend, c’est perturbé. Difficile à l’oral. Il a une mémoire de travail à l’oral très faible (niveau 6 ans). Il ne peut pas gérer des phrases à deux éléments. Impossibilité d’écrire. Il refuse d’aller en cours lorsqu’il y a une dictée. Il lui faut de la consigne simple et la réactualiser. Il fait des erreurs phonétiques, de segmentation et de syntaxe. Il est aussi perturbé dans les chiffres.

L’orthophoniste constate que cet enfant devrait bénéficier d’un Projet d’Accueil Individualisé (PAI), ou d’une Auxiliaire de Vie Scolaire, quelqu’un qui lui demande ce qu’il fait, où il en est. Cet élève a été suivi par le professeur d’appui du RAR en 2008.

Il a besoin d’un suivi en orthophonie.
Lorsqu’il comprend, il comprend bien, il est probablement très intelligent. Dyslexique performant. Il faut réduire la tâche pour lui, lui donner une partie de l’interrogation et s’il a terminé, lui proposer l’autre partie.

- Elève 3 en classe de 6ème.
Dyslexie sévère.
Un suivi urgent à mettre en place.
Profil orthophonique classique.
Dysorthographie associée.
Problèmes à l’oral, Il dit qu’en langue turque il a les mêmes problèmes qu’en français. Confusions de son.

Il faut reprendre le travail de base avec lui.
On peut s’appuyer sur l’oral en donnant la consigne à l’oral et en vérifiant qu’il a bien compris la consigne (qu’il n’a pas compris chapeau à la place de château).

Il a une mémoire de travail qui est bonne. Sa mémoire visuelle est bonne. On peut le toucher par la mémorisation visuelle. Du bon écrit peut être un support de travail, si on ne le laisse pas se débrouiller seul avec l’écrit. Essayer de passer par la mémorisation visuelle.

- Elève 4 en classe de 6ème.
Dyslexie moyenne.
Il ne veut pas de suivi en orthophonie.
Bonne mémoire de travail.

Lui expliquer la consigne à l’oral et ne pas tenir compte de l’orthographe dans ses productions écrites l’aiderait. Lui donner de l’écrit et ne pas le laisser travailler uniquement sur ses propres écrits. Un PAI serait intéressant pour cet élève.

Si l’enseignant compte l’orthographe lié à l’inversion, l’élève a systématiquement zéro. Peut-être qu’un travail sur ordinateur en sémiophonie lui plairait.

- Élève 5 en classe de 6ème.
Dyslexie moyenne.
Trouble phonologique majeur.
Troubles du langage oral, ses difficultés à l’écrit sont la transposition de ses difficultés à l’oral.
Zéro accès à l’écrit. Transcription quasi impossible, compréhension nulle de ce qu’il écrit, amalgame, confusion, inversion, omission. Fatigabilité très importante.
Langage pas positionné.
Travailler à l’oral est possible. Il se sert de l’oral. Niveau de CE1 en lecture.

Il n’est pas nécessaire de passer tout par l’oral, il peut apprendre des choses visuellement. Il a réussi à raconter une partie de l’histoire. Malgré ses difficultés, il a compris l’essentiel du texte. Il comprend bien. Il est donc capable de se corriger à l’écrit pour compenser sa difficulté orale. S’il maîtrisait mieux les sons de la langue écrite, il s’en sortirait bien mieux.

- Élève 6 en classe de 6ème.
Bilan demandé fin CM2.
Dyslexie moyenne.
Lecture niveau CE1 janvier.
Se sent en échec, se montre abattu, ne comprends pas.

Problèmes de conseil de discipline.

Ne lit pas les lettres, écrit lettre par lettre, les sons sont mis bout à bout, pas de sens. Dysgraphie. Contresens dans les informations. Besoin de soutien urgent.

- Élève 7 en classe de 6ème.
Dyslexie sévère niveau lecture CP août.
Grande vivacité d’esprit.
Petite mémoire de travail, difficulté à l’écrit. Il ne comprend pas ce qu’il lit.
Très bon en mathématique et en anglais. Elève suivi en orthophonie.

La rencontre avec les enseignants :

Les enseignants inscrits dans notre dispositif sont répartis sur 4 classes. Ils représentent une trentaine d'enseignants touchés par notre dispositif par l'intermédiaire de leurs représentants. Sur 11 enseignants invités et dont l'agenda permettait la présence, 7 se sont mobilisés. Deux enseignants impliqués excusés pour raison de santé.

Sur les 5 présents, 4 étaient dans l'écoute et l'échange. Des propositions concrètes ont été discutées. Un bilan sera transmis en fin d'année scolaire qui montrera ce qui a été fait pour ces élèves.

Nous pouvons déjà souligner qu'un enfant qui ne rendait jamais de devoirs fait à la maison à l'enseignant rend son devoir pour la première fois après l'entretien avec l'orthophoniste.

Deux groupes se distinguent. Les enseignants qui ont manifesté leur absence nous ont transmis des éléments d'analyse par l'intermédiaire de leurs collègues. Cela montre l'intérêt qu'ils portent au projet et une évolution possible.

Premier groupe : Les enseignants se trouvent en difficulté dans leur pratique. Ils considèrent la dyslexie comme un handicap et se montrent intéressés par l'aide spécifique proposée par l'orthophoniste et le professeur d’appui du RAR. Ils sont dans l'échange.

Deuxième groupe : Les enseignants se trouvent en difficulté dans leur pratique. Les enseignants ne reconnaissent pas la dyslexie comme un handicap, car cela les obligerait à prendre en compte de façon adaptée le problème spécifique de l'élève. Ils considèrent qu'ils ne peuvent pas modifier leur pratique, que c'est une surcharge de travail. Ils ne mettent pas en question leurs compétences devant les difficultés de certains élèves.

Parmi les enseignants réticents, il y a des Professeurs Principaux de 6ème. Il y a des professeurs de français sollicités pour 2 classes de 6ème :
- L’un deux ne fait jamais écrire les élèves car il donne des photocopies ;
- L’un d’eux enseigne dans une classe qui compte 5 élèves dyslexiques sur 17 élèves si on ajoute les autres élèves reconnus dyslexiques du collège en plus de notre travail de cette année.

Constats :

La reconnaissance de la dyslexie comme un handicap semble une des conditions pour associer certains enseignants au travail d’équipe nécessaire pour accompagner un élève dyslexique. Dans le cas d’un PAI par exemple, il serait écrit noir sur blanc d’aménager les consignes de travail pour une meilleure adéquation entre les apprentissages et les possibilités de l’élève. Si un tel dispositif n’est pas mis en place, les problèmes sont renvoyés à la seule responsabilité de l’enfant.

Nous pouvons constater la singularité de chaque élève et proposer des pistes de travail adaptées à chacun en fonction de ses acquis, de ses compétences. Il est impératif de ne pas faire de généralités.

L’intervention de l’orthophoniste peut avoir des effets déculpabilisant dans le cadre des apprentissages scolaires. Plusieurs de ces élèves sont en grande souffrance et l’orthophonie règlera une partie des problèmes.

Pour en arriver à cette situation au collège, on est tenté de penser que ces élèves n’ont pas été soutenus, que rien n’a été entrepris avec eux avant. Il existe des personnes dont le rôle est de faire le lien entre le CM2 et la 6ème . Nous savons que pour 2 d’entre eux, un bilan avait été demandé en CM2. Il y a donc des constats effectués par les équipes éducatives du Primaire et visiblement des difficultés à mettre en place des outils adaptés. Pour soutenir le travail de ces enfants aux cotés des équipes éducatives du premier degré, nous avons comme projet de faire le lien avec l’Ecole Primaire dés cette année 2010. Rendez-vous est pris en janvier avec l’Inspectrice de la circonscription.

La constitution des classes ne tient pas toujours compte des problèmes des élèves :

Par exemple, une jeune fille "dyslexique sévère" avait demandé une option « EPS » par manque de place, elle se retrouve en option « Théâtre » ce qui peut être difficile pour elle compte tenu de ses très grandes difficultés d’accès à la lecture.

« Je sais que pour toi c’est difficile » : Si l’enfant entend cela de son enseignant, il saura qu’il n’est pas considéré comme un fainéant ou un idiot. L’enseignant va s’interroger ainsi que les parents qui peuvent juger leur enfant sur les productions de l’école.

Manque d’outils donnés aux élèves pour décrypter les consignes à l’oral :
Méthode d’enseignement qui ne vérifie pas si l’énoncé des questions est compris par les élèves. Reformuler les questions, ré-expliquer les consignes à l’oral et à l’écrit est souvent indispensable.

Dans certains cas, les énoncés des exercices sont retravaillés avec le professeur d'appui RAR, afin de les rendre plus clairs, plus accessibles.

Dans certains cas, l’oral est privilégié, les consignes adaptées, les interrogations personnalisées ou réduites.

Il semble intéressant que les surveillants photocopient les cours d'un élève ayant des facilités d'écriture pour permettre aux élèves dyslexiques, incapables de se relire, d'apprendre leurs leçons. Dans les établissement RAR, il y a du personnel en nombre suffisant pour mettre cette préconisation en place.

Difficultés rencontrées :

Difficultés rencontrées par l'équipe éducative du Collège Anatole France dans le fonctionnement de la classe-relais et propositions :

- La classe-relais est trop restrictive dans les âges puisqu'elle accueille les enfants de 6ème et 5ème.

- Les 8 semaines représentent un temps beaucoup trop court, sachant que les sessions étaient encore plus courtes dans le temps. Plusieurs sessions consécutives seraient une solution et cela permettrait de mettre en place des projets d'orientation adéquats.

- Manque d'informations lors de leur retour en classe, pour les élèves admis en classe-relais et les équipes pédagogiques du collège d'origine.

-Manque d'informations sur les absences des élèves en classe-relais alors qu'administrativement, l'établissement d'origine est responsable.

- Difficulté à joindre l'équipe de la classe-relais pendant et après chaque cession.


Difficultés rencontrées par IFLF :

On se trouve souvent devant un problème lié à une différence d'appréciation à l'intérieur d'une équipe éducative, entre le champ du pédagogique et le champ du médico-social.

Notre travail d'accompagnement des équipes pédagogiques en liens avec certains problèmes spécifiques des élèves, ne prétend pas répondre à d'autres problématiques que celles inscrites dans le cadre des apprentissages scolaires et suivant un cadre stricte de travail fixé par le principal d'établissement.

Les recommandations des membres du Service médico-social, Responsables Départementaux du Service de Promotion de la Santé en Faveur des Elèves de l'Inspection Académique du val d'Oise, lors d'une réunion du 27 avril 2009, montrent une difficulté d'harmonisation entre l'orientation pédagogique et l'orientation médico-sociale qui sont pourtant complémentaires.

Le médecin souligne les dangers d'un bilan en orthophonie précipité qui aurait court-circuitée les précautions d'usages. Notre partenariat avec l'enseignante du RAR de Lurçat tient bien évidemment compte des règles de l'équipe éducative du collège.

Le médecin préconise une lourde prise en charge de l'élève avant de considérer une prescription de bilan en orthophonie pour l’élève.

La précédente responsable avait une approche plus partenariale et cherchait à optimiser les moyens en s'appuyant sur des compétences associées.

Les techniciennes de l'Inspection Académique nous ont orienté vers le PRE : "faire du repérage à l'intérieur des établissements scolaires, le chef d'établissement fait le lien entre la famille et la Mairie... Si vous respectez l'accord de la famille et la prise en charge par la Mairie... vous pouvez travailler avec les professionnels en dehors."

Il semble intéressant de mettre en place une convention avec l’Education Nationale qui faciliterait la continuité du travail hors les murs scolaires respectant une charte de confidentialité.

La différence d'appréciation entre l'éthique de travail à l'intérieur de l'établissement scolaire et celle à l'extérieur semble liée à des considérations d'ordre juridique.