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Actions

P.E.R.O.P.

   

  

Actions :

Bilan « SINGULIER et PRÉVENTION »
Action d’accompagnement et de soutien aux élèves en classes
relais ainsi qu’aux équipes enseignantes et médico-sociales

Historique du Projet

1.Contexte

Les enquêtes réalisées pour les classes relais montrent que parmi les élèves en difficulté, un grand nombre n’a jamais rencontré de thérapeute ni de psychanalyste. On constate chez certains élèves de nombreux cas de troubles réactionnels, d’actes qui sortent de la légalité. Les professionnels considèrent qu’il y a un manque de moyens car le travail de l’aide des équipes n’est pas pris en charge. Sur les classes relais et malgré le petit nombre d’élèves par classe, ils considèrent que le travail est difficile. Ces jeunes sont souvent en rupture scolaire et cumulent des problèmes sociaux qui conduisent parfois à une marginalisation. Les élèves disent du bien de leur passage en classe relais en majorité et pourtant, ils vivent une nouvelle rupture d’accompagnement au moment de leur sortie. La réintégration est un problème délicat. De nombreux problèmes persistent au retour dans l’établissement d’origine alors que des améliorations sont visibles dans le cadre de la classe-relais. L’atelier relais en lien avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse montre une multiplicité de situations complexes.

2.La position d’IFLF dans le champ de la Prévention

L’association IFLF porte depuis 2004 un lieu d’écoute et d’accueil à Goussainville. Cette position l’a amené à constater l’importance d’accompagner à la fois les jeunes et les professionnels qui s’occupent des jeunes. Un projet allant en ce sens a été élaboré avec plusieurs responsables de l’Education Nationale, en lien avec le dispositif des « classes relais ». Il a ensuite été proposé à différents partenaires « Education Nationale, Conseil Général, Etat, Ville de Sarcelles » et a obtenu un financement pour l’année 2007.

3.Le Partenariat Operationnel

L’initiative et la mise en place de ce projet s’appuient sur un partenariat entre l’Education Nationale et le Conseil Général.

• Au sein de l’Education Nationale, le projet ayant été élaboré avec le Proviseur Vie Scolaire à l’Inspection Académique (IA), il a été validé par le Médecin responsable Départemental du service de promotion de la santé en faveur des élèves et par l’Assistante Sociale, Responsable Départementale du service Assistance Sociale de l’Inspection Académique. Il est mis en place au sein de trois collèges partenaires : Collège Paul Eluard de Garges-lès-Gonesse ; Collège Voltaire de Sarcelles ; Collège Chantereine de Sarcelles ;

• Au sein du Conseil Général, le projet est soutenu par le service des Actions éducatives, Direction de l’Education et du Sport.

Présentation de l’action

1.Objectifs

L’action « Singulier et prévention » a pour objet d’intervenir auprès des élèves en difficultés et aux côtés des équipes éducatives :

• Aux cotés des équipes éducatives (enseignantes et médico-sociales), il s’agit de contribuer au décryptage d’informations sur la situation d'un élève avec une approche psychanalytique et de proposer des pistes d'orientation vers des spécialistes partenaires du réseau d’IFLF.

• Les élèves concernés sont des collégiens en risque de rupture de lien avec le milieu scolaire et ayant été considérés en voie de décrochage scolaire : difficultés relationnelles avec l'institution, mutisme, absentéisme... mais aussi dévalorisation de soi, situation de répétitions, violences agies et/ou subies, incivilités...

2.Modalités d’intervention

L’action est mise en place dans trois Collèges partenaires, en partenariat avec les chefs d’établissement et les équipes éducatives.

Il est prévu d’intervenir auprès de plusieurs types d’acteurs :

• Les équipes éducatives de la classe-relais (Principal, enseignants, services médico-sociaux) pour tenir compte de leur demande ;

• Les familles, pour leur présenter la démarche

• Les élèves, dans le respect de la confidentialité (accord de la famille, concertation avec l'équipe éducative et médico-sociale) ;

• L'établissement d'origine (Principal d'établissement et professeur principal, équipe éducative...) ;

• Les équipes : réunions de régulation, comités d'admission en classe-relais, aux groupes de travail associant les classes-relais...

3.Finalités

L’action a pour finalités :

• De mettre en place un dispositif permettant l'écoute individualisée de l'élève s'il en fait la demande, et inscrire un travail ponctué sur la durée, permettant à l'élève de s'inscrire dans une démarche personnelle et d'induire par ce travail approfondi un désir d'autonomie et un lien social valorisant ;

• De constituer un réseau de partenaires autour de l'élève et/ou de la famille ; • D’apporter une compétence spécifique et complémentaire au champ du médico-social par l'orientation psychanalytique ;

• De créer des outils d'analyse spécifique, en tenant compte de l'éthique de ce travail d’écoute ;

4.Modalités d’évaluation

IFLF établira le rapport d’activité de son action en tenant compte de la spécificité de chacun des collèges partenaires. Ce rapport d’activité est une contribution à l’évaluation de l’action. La question de "l'après" classe-relais est le point central pour l'évaluation de l'action en partenariat avec l'Inspection Académique et les services du Conseil Général du Val d'Oise.

Ce rapport d’activité précisera, dans la mesure du possible :

1. Quelles sont les conditions et modalités de mises en œuvre de l’action dans chacun des collèges ;

2. Combien de jeunes sont concernés par la mise en place de notre dispositif permettant d'inscrire un travail sur la durée (nous poursuivrons l'accompagnement des jeunes qui en font la demande) ;

3. Quels sont les besoins identifiés par les équipes enseignantes et médico-sociales ? Comment il a été répondu aux attentes de ces équipes ?

4. Quels partenaires spécialistes auront été sollicités pour répondre aux problèmes spécifiques de chaque élève ? Combien d'interventions auront été nécessaires ? Quel nombre d'entretiens individualisés et dans quels lieux ?

5. Quel suivi en lien avec le lieu d'écoute de l'association Il Faut Le Faire.

Rapport d’activité
Conditions et modalités de mises en œuvre de l’action dans chacun des collèges

1.Eléments généraux

La qualité du démarrage de l’action est conditionnée en grande partie par le ressenti des enseignants et leur appréciation des « besoins » des élèves. Il faut convaincre les enseignants de la singularité de nos compétences et de l’intérêt de ce projet permettant aux élèves de s’inscrire dans cette approche impliquant un travail sur la durée. Nous proposons l’accompagnement d’élèves, la participation à leur orientation, en tenant compte de critères mettant en relief la demande de l’élève et son rapport particulier avec le milieu enseignant. Nous cherchons à mettre l’élève dans un cadre différent de celui du champ pédagogique en inscrivant un échange ouvert permettant d’aborder les difficultés sans juger l’élève en terme de réussite/échec scolaire mais en lien avec la nécessité pour lui de s’inscrire dans un discours, dans un lien social. Ainsi nous chercherons à nous adapter au fil du travail partenarial aux exigences et à la spécificité des approches éducatives des équipes des 3 collèges, tout en respectant les conditions de départ indispensables au travail avec les élèves :

• Mettre en place des entretiens individuels pour les élèves qui en font la demande, les informer de notre proposition, avec la possibilité d’un suivi dans le lieu d’écoute de l’association Il Faut Le Faire.

• Mettre en relation gratuitement un professionnel compétant au regard de notre appréciation spécifique du problème de l’élève (dans la mesure de nos moyens associatifs nous finançons cette prise de contact et l’accompagnons si nécessaire).

L’orientation de notre démarche vise la mise en place d’une méthodologie tenant compte de la spécificité des équipes enseignantes, administratives et médico-sociales de chacun des établissements partenaires. Notre engagement dans le travail d’équipe est conditionné à la demande des coordinateurs des équipes pédagogiques et au positionnement de départ du chef d’établissement :

• Fixer un cadre d’intervention tenant compte des besoins identifiés par les professionnels en s’appuyant sur ce qu’ils peuvent attendre du dispositif ;

• Participer à l’articulation entre collège de départ et d’arrivée ;

• Favoriser la mise en place d’un réseau de partenaires et permettre de créer les conditions d’une ponctuation de travail pour l’élève sur la durée ;

• Renforcer le travail à la sortie du dispositif, cibler la question du retour vers l’établissement d’origine, faire l’articulation avec le personnel, travailler avec le professeur principal, avec les parents.

2.Des résistances rencontrées dans la mise en oeuvre

• Mise en place dans le Collège Paul Eluard de Garges-lès-Gonesse Malgré l’intérêt de la coordinatrice pour la démarche, l’équipe y est plutôt hostile à priori. Deux interlocuteurs semblent intéressés par le dispositif, et disent avoir des difficultés à comprendre certains jeunes et demandent une aide. Mais l’équipe explique avoir été « traumatisée » par un psychologue dans le passé et refuse l’échange. Proposition est faite de reprendre le contact en septembre afin d’associer IFLF à la prochaine équipe puisque celle-ci change radicalement dés la rentrée prochaine.

• Mise en place du travail dans le collège Voltaire de Sarcelles Les conditions d’un véritable travail en partenariat sont difficiles à mettre en place. L’association n’a pas été présentée aux partenaires lors du bilan du 5 avril 2007. Cependant, des entretiens se tiennent régulièrement avec les collégiens. Des réunions d’équipe intègrent la présence de l’intervenant IFLF, qui a un temps d’intervention à l’issue de la discussion sur des cas singuliers. L’intervenant IFLF est, dans ce cadre, intégré à l’équipe. Nous avons proposé de mettre en place dés la rentrée 2007 une approche privilégiant l’information aux élèves en interne au démarrage de chaque cession en réservant le travail d’écoute à l’extérieur du collège afin de permettre aux collégiens de trouver un appui en cas de difficultés avec l’équipe. D’autre part, nous avons proposé à la coordinatrice et au principal du collège d’accompagner l’équipe si elle le souhaite dans ses réunions.

• Mise en place du travail dans le collège Chantereine de Sarcelles Une convention est signée et la charte de confidentialité est remise par la Principale du collège. Le travail a été facilité par la principale du collège qui cherche à constituer une équipe et qui part de constats antérieurs et de difficultés rencontrées par les élèves et la nouvelle équipe. Il se vérifie un contexte qui a été éclairé en 1999 par une Note d’information du Ministère de l’Education Nationale (n°00-28) à savoir une grande difficulté, également rencontrée par IFLF, d’entrer en relation avec les collèges d’origines. Ici l’équipe y est favorable mais la mise en place est difficile par manque de temps et les délais d’organisation d’une équipe. Les bases d’un travail en amont ont été discutées avec l’AS qui proposait de participer à une démarche d’information avec les collèges de Sarcelles en dispositif classe-relais. Rendez-vous décommandé par les difficultés de mise en place et reporté à cette rentrée 2007.

3.Une implication forte d’IFLF pour permettre la montée en charge du dispositif

Deux cent vingt quatre heures ont à ce jour été consacrées à ce dispositif, qui comprennent : Une série de réunions préparatoires de 2006 à février 2007 ; Un travail de mise en œuvre de mars à juin 2007 comprenant les réunions avec les équipes enseignantes et médico-sociales ; l'évaluation et la rédaction de comptes rendus et les bilans ; les entretiens avec les élèves ; le travail partenarial avec le Foyer Le Renouveau ; la période d’élaboration avec les collègues psychanalystes ; Un travail de coordination comprenant le travail partenarial avec la Ville de Sarcelles dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale « Singulier et Prévention » ; la logistique et le secrétariat en lien avec le lieu d’écoute de Goussainville.

Bilan quantitatif des réunions préparatoires :

  Nombre de réunions Nombre d'heures
Réunions à l’échelle du dispositif 30 60
Réunions IFLF 16 32

Bilan quantitatif de la coordination :

  Nombre de journées Nombre d'heures
Coordination IFLF 12 72

Bilan quantitatif des réunions de mise en œuvre :

  Nombre de réunions Nombre d'heures
Collège 1 5 10
Collège 2 13 26
Collège 3 5 10

4.Conclusion

L’action n’a commencé que depuis peu. Il faut du temps pour intégrer une logique de travail d’équipe, développer un travail en partenariat, instaurer un climat de confiance et de coopération. Il y a en effet des difficultés et des résistances liées à ce processus. Les modalités du partenariat diffèrent d’un collège à l’autre, en fonction de l’histoire de l’équipe et des difficultés qu’elle perçoit.

Combien de jeunes sont concernes par la mise en place de notre dispositif permettant d'inscrire un travail sur la duree ?

Bilan quantitatif des jeunes suivis :

  Nombre de jeunes Nombre d’entretiens
Collège 1 0 0
Collège 2 8 21
Collège 3 3 7

Quels sont les besoins identifies par les equipes enseignantes et medico-sociales ? comment avons-nous repondu à leurs attentes?

Collège 3
- Description des problèmes courants identifiés par l’équipe médico-sociale :

Contexte général d’exercice difficile : Des mesures de sauvegarde de l’enfance qui ne sont pas toujours exercées. Le personnel change très souvent avec par exemple un accompagnement qui a nécessité 3 personnes différentes sur la même prise en charge sur 6 mois.

Première année de fonctionnement du nouveau dispositif, année de transition, ne fonctionne pas bien. Des familles en situations irrégulières, des enfants Africains hébergés par des tiers en France avec absence de représentants légaux.

Manque d’informations circulantes sur les classes relais.

Problèmes récurrents : insultes et bagarre des jeunes, absentéisme, multi exclusion, démotivation, nombreux conseils de disciplines.

- Description des problèmes identifiés par l’équipe socio-éducative :

Equipe nouvelle. Besoin de temps d’adaptation. Pas facile de cibler le public. Recherche d’élèves en difficultés mais pas en « bout de course ». « A Sarcelles, de nombreux cas de figure, certains n’ont pas de moyens, « tiers monde » ». « Il y a des élèves qui passent « à travers les mailles du filet », les cas sociaux sont traités mais « problèmes » ne veut pas dire « cas sociaux » ».

Recherche pour l’élève d’une reprise de confiance en soi, repérage de ses faiblesses et préconisation de quelques pistes de travail.

Le plus gros problème identifié, c’est le retour et le suivi dans l’établissement d’origine. Passage d’un temps de parole et de proximité à la classe. Problème de l’accueil au retour.

Difficultés à faire le lien entre ce qu’a vécu l’élève et entendre sa parole. Les enseignants ont besoin d’avoir une autre vision du jeune, une aide à la compréhension : percevoir et mieux adapter.
Besoin de faire un lien avec les parents. Comment présenter la classe relais aux familles ?

L’Education Nationale est une réponse pour les parents, si la classe relais ne marche pas, est-ce la dernière solution proposée ?

Au départ, le dispositif était une solution alternative à l’exclusion mais c’est de moins en moins le cas. Aujourd’hui sollicité dans le cadre de la prévention, la classe-relais devient une solution pour se débarrasser des élèves difficiles.

Pas de documents de travail au retour pour ces élèves.

Préconisations non suivies dans certains cas.

Quels partenaires spécialistes ont été sollicités pour répondre aux problèmes spécifiques de chaque élève ? combien d'interventions auront été nécessaires ? nombres d'entretiens individualises ? localisation des entretiens ?

• Demande préalable à la Ville de Sarcelles
Mise à disposition des maisons de quartiers pour certains entretiens (coordinateur prévention).

• Foyer le Renouveau
Description des problèmes identifiés par l’équipe :

Temps trop long entre le signalement et la mise en place dans la classe relais. Dépense d’énergie, manque d’information à l’entrée et lenteur du dispositif : Attente de l’exclusion.

Pas de retour d’information. Pas de compte rendu écrit pour l’élève au retour.

Demande d’accueillir des enfants scolarisables dans le dispositif de la protection de l’enfance : la population non scolarisée ou retard moyen de 2 à 3 ans est en contradiction avec le dispositif.

Solutions préconisées par l’équipe du Renouveau qui a détaché deux éducateurs pour faire le lien avec les collèges :

Organiser des tables rondes au titre de la prévention.

Mise en place d’un dialogue autour de l’élève avec le collège d’attachement par l’établissement d’un protocole.

Quel continuité assurée en lien avec le lieu d'écoute de l'association Il Faut Le Faire ?

Entretiens sur la demande d’un jeune du foyer le Renouveau qui a été récemment réorienté par le foyer en cycle d’apprentissage.

Perspectives et Propositions

Notre intervention, dans la mesure où les 3 collèges soulignent qu’un certain nombre de problèmes ne relève pas de leur compétence, permet d’élargir la force de l’intervention qui est préconisée dans les classes-relais.

Ce problème se pose aux 3 niveaux d’articulation : à l’inscription en classe-relais ; lors de son déroulement ; dans l’accompagnent au retour. Pour améliorer, voire optimiser le fonctionnement du dispositif, nous proposons une intervention qui porte sur ces trois niveaux d’articulation.

1. Avant l’admission :
Faire partie de l’équipe au départ permet de rencontrer le responsable qui, par délégation du chef d’établissement, est porteur du projet classe relais sans ajouter à la charge de travail des principaux d’établissement. Cela permet également de favoriser le travail partenarial, d’instituer une règle ouverte à une écoute individualisée au démarrage. Cela permettrait de disposer du savoir sur l’élève transmis aux coordinateurs et ainsi de souligner l’importance d’un regard neutre dans le travail d’appréciation des enseignants et du groupe socio-éducatif qui se retrouve avec des informations qui influencent leur jugement.

2. A l’accueil, au démarrage :
Il n’est pas évident de rencontrer le service infirmier, médico-social, les COP qui semblent un peu à l’écart de l’organisation. Il serait intéressant d’organiser une rencontre de travail en début de chaque session.
Dans les faits, le suivi dans la durée est une donnée indispensable à l’accueil et au démarrage pour donner un avenir appuyé par ce dispositif aux collégiens désireux de poursuivre. Le lien proposé par IFLF est un lien qui ne conditionne pas le travail des enseignants, c’est un outil associé.
Un entretien individuel proposé aux enseignants et membres de l’équipe socio-éducative en réunion d’équipe au démarrage, sur la base du volontariat, pour présenter le travail et proposer une collaboration spécifique serait un outil déterminant. Les informations confidentielles sur les élèves posent un problème central, il s’agit de trouver un fonctionnement qui intègre les problématiques de la classe-relais en préservant l’élève des indiscrétions et des bavardages.

3. Au moment de la réintégration :
Il y a une grande difficulté, mais aussi de grands enjeux, à mettre en place les conditions d’un suivi du retour des élèves de classe-relais dans leur établissement d’origine. Un élève nous a dit lors d’un entretien que son professeur de mathématiques pensait qu’il avait séché l’école pendant un mois, alors qu’il était en classe relais…
La photocopie des cours dispensés lors de ces semaines hors collège est un point important. Sa mise en place n’est pas dispendieuse. Elle favorise la prise de conscience de la classe et propose de ne pas enfermer l’élève dans l’indifférence et l’ignorance de ce qui se passe en classe. IFLF propose de prendre en charge la demande dans la classe en intervenant et expliquant aux camarades l’importance qu’il y a à organiser un cahier de cours. Cela suppose une ponctuation de l’absence et non un oubli.
Une classe relais peut produire une nouvelle frustration liée au retour vécu comme nouvelle rupture d’accompagnement et aussi par l’espérance suscitée par la classe relais. Lorsque les difficultés des élèves réapparaissent, les effets positifs du séjour en classe relais s’éloignent et il apparaît clairement la nécessité d’un cheminement accompagné sur la durée afin de comprendre les questions singulières du collégien dans son rapport avec le savoir. Il s’agirait de permettre aux élèves de trouver du sens aux acquisitions de savoir scolaire et le cas échéant, de permettre aux élèves de comprendre pourquoi cela ne fait pas sens, motivation.

4. Année scolaire 2007 - 2008

Notre intervention a permis de définir avec davantage de précisions les modalités d’intervention d’IFLF en fonction de la singularité des collèges inscrits en dispositif classes relais. Nous avons souligné la nécessité pour IFLF d’intégrer les équipes à toutes les étapes du processus d’organisation des classes relais. Cela commence au moment où les équipes socio-éducatives ciblent les élèves en difficulté et se poursuit jusqu’au moment délicat du retour pour un suivi possible.

Nous avons rencontré des conditions favorables pour la poursuite du projet dans le Collège Chantereine de Sarcelles avec des possibilités de développer le travail en direction des quatre collèges inclus dans ce dispositif classe relais de Sarcelles. Un travail de développement des classes relais tenant compte des problèmes identifiés est en cours de mise en œuvre. Les modalités du partenariat s’appuient sur la spécificité du collège qui renouvelle l’ensemble de l’équipe socio-éducative. La Mairie de Sarcelles est attentive au travail engagé et soutient le projet.

Démarrage du travail en partenariat avec le Collège François Truffaut de Gonesse. La Principale du collège nous a contacté et associé au démarrage de sa classe relais faisant place à un véritable travail de collaboration, elle décrit la nécessité d’un travail tenant compte des problèmes soulignés par l’équipe socio-éducative et cherche à associer IFLF dés le processus d’identification des collégiens en difficulté. Une cession est prévue en septembre 2008.

Conclusion

Nous avons identifié dans un certain nombre de cas, qu’une méthode de travail concertée et ouverte à des solutions durables aux problèmes spécifiques du collégien était entendue. La réponse faite au collégien reste souvent très directement liée aux habitudes de fonctionnement des établissements. La complexité des paramètres en cause dans le dispositif classe-relais, visant la prise en charge de collégiens au cas par cas, ordonne une nouvelle articulation de travail qui soutienne structuralement la prise en compte du savoir de l’élève, à partir de l’écoute de la parole de l’élève. Notre contribution vise à faire évoluer une série de représentations que certains enseignants ou personnels de l’Education Nationale ont des jeunes, qui sont perçus comme « difficiles » mais qui sont aussi des jeunes « en difficulté ». Il s’agit, à partir des entretiens avec les collégiens, de tenir une place où cette parole soit déconnectée de tout jugement ou évaluation. Notre axe de recherche s’oriente donc vers une stratégie permettant d’apporter une certaine neutralité d’appréciation au personnel d’encadrement des classes-relais, et à partir de ce cadre ouvert, permettre au collégien de prendre position sur son orientation. Notre engagement s’inscrit ouvertement dans ce travail partenarial et souligne l’importance de compétences associées.



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