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Atelier

1. Description des actions d'août-septembre 2001

Première action : la mise en place d'un Atelier de pratiques artistiques dans le quartier de La Fauconnière, dans l'ancien local du centre social.

Cet Atelier propose aux habitants d'interroger, par le moyen des arts plastiques s'ils le souhaitent, l'avenir d'un lieu désaffecté depuis quelques années. Mme Maisonnier, maire-adjointe chargée de la Jeunesse et de la Citoyenneté, avait accepté l'idée qu'au moment de la Biennale d'art contemporain, les productions et propositions des habitants permettent l'orientation d'une décision sur l'avenir du club Saint-Exupéry, qui doit être discuté sur les budgets 2002. D'autre part, le directeur du centre socioculturel Marc-Sangnier, M. Olivier Bouquet, et M. Alain Duguet, chargé de la Jeunesse, encouragent vivement la présence d'IFLF sur ce site, conscients des enjeux très forts d'un lieu signifiant beaucoup pour les habitants de La Fauconnière.

Localisé dans le club Saint-Exupéry, cet Atelier, à l'accès gratuit et destiné à tous, affiche ses heures d'ouverture à l'aide d'un calicot sur la façade ; Alfonso Vallès, plasticien, Pierre Merejkowsky, cinéaste, Véronique Pattegay, plasticienne, y interviennent 12 heures par semaine en août et septembre 2002. Ils décident d'ouvrir une discussion avec les habitants en posant trois contreplaqués sur les grilles entourant le club Saint-Exupéry.

 

- Les propositions :

L'Atelier

Une proposition voit le jour dès la première semaine d'août.

Pierre Merejkowsky écrit le scénario de son nouveau film, directement tiré des avancées du travail de l'Atelier. Il y inclut les discussions, les rencontres, et propose d'y impliquer les habitants qui le souhaitent.
Il enregistre les dialogues de son film à la radio Ici et Maintenant.

Véronique Pattegay travaille à trouver des conditions de rencontre et d'ouverture aux différents partenaires de l'Atelier ; un " vernissage " des idées des habitants a donc eu lieu chaque semaine afin d'ouvrir l'Atelier à l'ensemble de la ville et de solliciter les membres de la mairie de Gonesse : voir l'invitation. (la Ville ne figure pas sur le tract en raison de la demande de certains jeunes du quartier de transformer le club Saint-Exupéry en mosquée, idée dont la municipalité ne jugeait pas opportune de débattre).

Alfonso Vallès propose aux jeunes qui " désirent " une mosquée de réfléchir sur la faisabilité d'un tel travail de transformation du lieu. Des relevés de chantier entament la réflexion. Les jeunes se mettent au travail à l'aide de crayons, de règles et de calculatrices.

Alfonso Vallès

Installation des jeunes musulmans autour de la question de la mosquée le 24 août.

De gauche à droite et de haut en bas : Mme Huen, politique de la Ville ; Mme Gaune, direction Education Enfance ; Mme Maisonnier, maire adjoint Jeunesse et Citoyenneté ; M. Pascal, chef de projet Politique Ville ; Mme Hugue, direction Actions culturelles ; Mme Autray, adjointe au chef de service DAC ; des habitants, MM. Éric Forty, secrétaire général de la Fédération des Œuvres Laïques du Val-d'Oise ; Pierre Merejkowsky, cinéaste ; Alfonso Vallès, artiste ; Patrice Pattegay, sociologue ; Mme Isabelle da Piedad, directrice adjointe Agence Civil ; l'équipe des médiateurs, des habitants, Mme Cécile Escobar, directrice du centre social de Saint-Blin…

Le 31 août, il pleut.

Création de quatre affiches dans la ville signées IFLF et Catherine Breitner, graphiste, recadrant le dispositif autour de la Biennale.

 



- Les personnes rencontrées :

Une quinzaine de jeunes de 13 à 16 ans manifestent leur désir d'investir ce lieu. Cinq retraités établissent une discussion autour de l'idée d'un jardin.

De nombreuses personnalités de la mairie de Gonesse questionnent cette aire de travail en lien direct avec la population.

Des membres d'IFLF sont présents sur le terrain.


2. Considération sur des questions qualitatives

Dans les objectifs stratégiques de la convention territoriale, deux indicateurs permettent l'évaluation d'un projet : ouverture et responsabilité.

L'ouverture est en particulier déclinée sur l'accessibilité par rapport aux transports publics, aux quartiers dans la ville et à l'intercommunalité du travail en réseau :

- ouvrir les quartiers au bénéfice de l'ensemble de la commune est l'une des conséquences des actions d'IFLF ; notre présence sur le quartier de La Fauconnière a par ailleurs mobilisé un débat au-delà de cette zone géographique
- lors de la Biennale, des espaces spécifiques de circulation dans la ville et ses alentours sont prévus
- l'histoire d'un quartier est considérée par IFLF comme l'une des richesses d'un questionnement qui doit partir du terrain et que l'art contemporain et la Biennale permettent de concrétiser. Le projet a l'ambition de créer des liens entre les différents découpages inhérents à la sectorisation géographique (lié à l'histoire de la ville depuis la voie romaine) et politique (raisons techniques de découpage administratif)
- le projet d'IFLF sur Gonesse s'inscrit dans un projet départemental plus large de Centre d'accès à la culture pour tous autour de l'art contemporain (ou CACAAC).

 

L'exercice de la citoyenneté compris sous le concept de responsabilité est décliné dans la vie quotidienne sous différentes instances qui permettent le dialogue : les conseils de quartier, d'école, les comités permanent des centres sociaux, le conseil des sages, le conseil municipal des jeunes… Nous pouvons ajouter à ces espaces de parole celui de l'Atelier de pratiques artistiques, qui donne un support privilégié à chacun et dont l'approche par les arts plastiques permet d'aborder les sujets dans leur singularité, loin des prêts-à-penser privilégiant l'effet autoségrégationniste et la représentation de groupe (géographique, culturel, d'âge, etc.). Dans les débats que nous organisons, nous encourageons toujours les prises de parole réfléchies et le questionnement mené en commun.

Afin de permettre le lien entre les différents interlocuteurs de l'association, l'Atelier propose des rencontres entre les acteurs de la mairie et la population.

Le vernissage des idées des habitants est un lieu d'échange, une invitation conviviale à déjeuner permettant d'aborder des questions d'actualité. Le cadre de cette rencontre est un moyen différent des conseils de quartier ou des rencontres programmées autour de la citoyenneté car il n'est rien demandé à personne : il ne s'agit que d'un lieu d'échange ouvert.

Nous avons organisé 4 vernissages en août 2001. Chaque vendredi a ainsi été un moyen efficace de comprendre certains des enjeux du quartier. Notre présence n'est pas la cause des demandes des musulmans, par exemple, mais elle a permis l'émergence d'un problème existant effectivement sur le terrain. Par le biais de l'Atelier de pratiques artistiques et des vernissages du vendredi, nous avons pu créer des conditions nouvelles de discussion, à distance du climat latent de diabolisation du culte musulman. Il nous est permis de penser qu'un tel dispositif, parce qu'il s'inscrit dans la durée, fait de l'art contemporain un pont commun permettant de visualiser une série de questions ayant chacune ses traits distinctifs ainsi que ses perspectives propres. Ce type de travail débouche sur davantage de garanties de prise en considération des différences.

Le fonctionnement de l'Atelier vise à inviter le public le plus large possible à un positionnement autour des productions d'artistes. Cela implique dans l'organisation la participation de spécialistes d'origines diverses (artistes, intervenants, pédagogues…) dont les pratiques sont mises à proximité d'autres pratiques. Une telle organisation permet au travail de terrain de se faire et détermine donc une part importante de nos orientations. Cette position éthique adoptée au fil de l'expérience constitue la richesse de notre contribution.

- Représentation des habitants de Gonesse :

Il faut du temps pour être en situation d'entendre les demandes spécifiques du terrain. La démarche de l'Atelier de pratiques artistique n'a donc été ni de convaincre, ni de chercher à " faire du nombre " ; au contraire, les rencontres menées en différents lieux de la ville et auprès de publics différents, par leur inscription dans la durée et une approche pédagogique différenciée, ont orienté le travail des habitants vers la qualité. Les habitants étaient invités à présenter leur production au moment de la Biennale, aux côtés de celle des artistes partenaires d'IFLF. Par ailleurs, les habitants de La Fauconnière se sont sentis concernés par notre présence sur le centre Saint-Exupéry. La réhabilitation ou la destruction du club est bien l'affaire des habitants du quartier.

- Représentation des artistes d'IFLF :

Le travail de création artistique, au centre de nos orientations, justifie un partenariat avec la DRAC Île-de-France. Les œuvres des artistes attestent, dans le meilleur des cas, de cet espace de production privilégié basé sur la rencontre des habitants.




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