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Exposition :
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Lycée Henri-Cassain de Gonesse
> du 8 au 12 mars 1999 |
VERONIQUE PATTEGAY
Construction (Bois, technique mixte sur ardoise)

PHILIPPE LALEU
Ordinary fiction (sérigraphie sur chemises blanches)

Table ronde du vendredi 12 :

| Intervenants: |
Lecture de Sophie Vignaux,
comédienne
Paul Garapon, écrivain
Lionel Richard, historien d'art
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Un étudiant : « Certains
sont obligés d'être violents, de casser ou
de brûler des voitures ; s'ils ne le font pas, on
ne les reconnaît pas, on ne sait pas qu'ils existent.
[...] On sait qu'ils existent parce qu'on fait des recensements,
on sait qu'il y a des gens [...], mais les recensements
ne peuvent pas comprendre ces gens dans le milieu où
ils vivent. Ce que je voudrais dire, c'est que les gens
sont violents pour montrer qu'ils existent. Moi, je ne
vais pas être violent ici mais voilà, je
parle, alors qu'il y en a qui ne peuvent pas parler comme
moi.
Une étudiante : Vous parlez
de la violence mais la violence, ce n'est pas forcément
la brutalité. La violence existe sous différentes
formes, il y a la violence d'une émotion, par
exemple [...], ce qui n'est pas pareil que de casser
des voitures.
S. Vignaux : Avec des étudiants,
nous avons monté un spectacle autour du travail,
pour lequel j'ai lu un tas de livres : "Réussir
un entretien d'embauche", "Comment se présenter
devant un agent recruteur", etc. Ce genre de bouquins
comporte de la violence, c'est déjà une
sorte de violence [...] Pour moi, Dynasty, c'est très
violent ! »
L. Richard : « Un certain nombre
d'artistes, notamment aux États-Unis, ont dit
: l'avant-garde des années 1920 est allée
jusqu'au bout, elle est parvenue à l'extrême
des moyens qu'on peut utiliser, elle a tout fait. On
a tout imaginé et ce que l'on peut faire, alors,
c'est simplement jouer [...], jouer avec des références,
voilà ce qu'on a appelé le post-modernisme.
La base du modernisme est là mais on ne peut
plus aller au-delà de ce que cette avant-garde
a fait, alors on s'amuse [...] parce que nous ne sommes
plus dans une société qui pourrait nous
permettre autre chose que de jouer avec la réalité.
»
P. Garapon : « Ces deux dangers,
de l'hermétisme et du formalisme, font que cet
art contemporain a tendance à se détacher
de nous, on ne le comprend pas. Un certain nombre d'intellectuels
ont posé le problème et demandé
: qu'est-ce que cet art signifie pour nous tous, autour
de quoi nous réunit-il ? Si l'art devient un
jeu formel qu'il faut lire avec des outils que tout
le monde n'a pas, alors, le problème est peut-être
qu'on fait un art qui ne nous réunit plus. »
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